Sagesse
“Le flagorneur trait pour lui-même, il ne trait pas pour ses enfants."
(Burundi)
Les succès du flatteur sont de courte durée.
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Vous lisez le Quotidien du Vendredi 01 juin 2012 paru à Porto-Novo n°: 2007 année d'édition: 8  
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éditorial
d’Edgar Gnimavo
Retour de manivelle

            Le Changement s'est enrichi de nombreuses anecdotes et métaphores insolites. Ainsi, après les affaires de spectateurs joyeux, de chauffeur auquel il faut retirer le permis de conduire, du carton rouge, de boules d'akassa et autres, nous voici maintenant à la métaphore de la balle saisie et non retournée. En effet, le week-end écoulé, les populations de la commune de Bassila, par une marche qui a mobilisé jeunes, femmes, vieux et sages, bref, toutes les catégories socioprofessionnelles de la localité, ont interpellé le Chef de l'Etat, Boni Yayi qui selon elles, aurait oublié tout ce qu'il leur avait promis lors des campagnes présidentielles de 2006 et de 2011. Même si le maire de Bassila a tenté, dans son discours, de calmer ses administrés, tous les discours prononcés à cet effet, ont fustigé la promesse non-tenue du Chef de l'Etat.

            Dans la commune de Bassila, ce sont les populations qui avaient fait le premier pas en assurant Boni Yayi de leur soutien indéfectible au cas où il serait tenté par l'aventure d'un séjour au Palais de la Marina. Sous l'effet alors de l'effervescence populaire, il s'était laissé aller à de nombreuses promesses qu'il devrait tenir en cas de victoire. Effectivement, la victoire fut au rendez-vous et par deux fois de suite. Malheureusement, les réalisations promises continuent de se faire désirer. Depuis lors, les populations de la commune de Bassila attendent toujours vainement le retour de l'ascenseur. De guerre lasse et aujourd'hui désabusées, les populations ont crié leur ras-le-bol à travers une gigantesque marche populaire au cours de laquelle elles ont énuméré, que dis-je, rappelé à qui de droit leurs nombreuses doléances restées hélas sans suite.

            Il est dit généralement que les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient. Boni Yayi élu Président de la République puis réélu se trouve maintenant devant le fait accompli et à l'épreuve de cette vision dégradée et indécente qu'on se fait de la politique au Bénin. Il n'a pas retourné la balle aux populations de Bassila qui la réclament avec ferveur et détermination. Ce mouvement populaire n'a rien d'extraordinaire a priori. Seulement, depuis l'avènement du Changement, la commune d'origine de feu Me Akobi qui fut un pion de l'élection de Boni Yayi à la magistrature suprême, ne nous a habitués qu'à des marches de soutien au Chef de l'Etat. Alors qu'on en vienne subitement à une interpellation publique de la Haute Autorité, il y a lieu de se poser des questions et de craindre surtout que le phénomène ne fasse des émules ailleurs.

            Ce faisant, des bastions jusque-là imprenables peuvent fatalement échapper à la mouvance présidentielle, sous l'effet d'une contagion exacerbée par le contexte de morosité socio-économique ambiante et des illusions qui tombent maintenant une à une. Car, en 2011, candidat à sa propre succession, le Chef de l'Etat avait fait de la surenchère dans les promesses électorales. Partout, il avait promis monts et merveilles. Il est maintenant question de tenir les promesses dans un contexte d'austérité économique sans précédent. Et le voilà seul face à un destin impitoyable qui rappelle cruellement que la morale ne devrait pas déserter totalement les calculs politiciens.